Historique de la Bibliothèque de l’ASSA

 

Sur proposition de Jovan Sterija Popovic, Anastasije Nikolic et Dimitrije Isailovic, par la Constitution du 7 novembre 1841 a été fondée la Société serbe des gens des lettres (SSGL), transformée depuis 1864 en la Société savante serbe (SSS), devenue en 1886 l’Académie royale serbe (ARS), précurseur de l’actuelle Académie serbe des sciences et des arts (ASSA). Rassemblant autour de soi tous les noms importants de la science et de la littérature serbes de l’époque, la Société serbe des gens des lettres a entamé son activité par le travail sur la terminologie, visant à promouvoir la langue serbe, de même que sur la collecte du matériel d’archives, étroitement lié à la culture et l’histoire des Serbes. Des efforts particuliers ont été investis dans l’orientation de cette activité suivant les modèles de certains scientifiques, institutions scientifiques, académies des peuples européens de cette époque, tout en l’adaptant à ses propres possibilités. Ces objectifs étaient les lignes directrices principales lors de la fondation de la Bibliothèque et des Archives de l’Académie. Le début de la fondation de la Bibliothèque est cependant lié à l’année 1842, lorsque le grand bienfaiteur du peuple serbe et le préposé à la culture hautement éduqué Dimitrije Tirol, l’un des premiers membres de la Société, avait fait cadeau à la Société de 14 d’abord et ensuite d’encore 75 livres, destinés à la future bibliothèque de la Société. Ce fonds de bibliothèque modeste augmentait, jusqu’en 1847, exclusivement grâce aux cadeaux également modestes et à l’activité d’édition non moins modeste de la Société elle-même. Ce n’est que par le lancement du Journal de la Société serbes des gens des lettres (1847), organe très important de la Société, qu’il fut crée l’opportunité pour établir l’échange des publications avec des institutions nationales et étrangères.

Parmi les livres qui, comme nous l’avons déjà indiqué, parvenaient à la Bibliothèque le plus souvent en forme de cadeau, le plus grand nombre de livres était en russe et en allemand. Un rapport, datant de 1856, établit ce qui suit: la Société serbe des gens des lettres possède les livres suivants: 98 en allemand, 65 en langues slaves, 64 en italien, 37 en anglais, français et hongrois, 135 en russe, 174 en serbe, 26 en ancien slavon, 27 en grec, 4 en bulgare, 1 en arménien, 29 en latin, au total 683 publications, le chiffre mentionné comprenant les publications de la Société. Depuis 1851, les fonds ont été augmentés aussi par voie d’acquisitions et d’abonnements. Dans la seconde moitié du XIX siècle, la Société cultivait un échange presque vivant avec, entre autres, les partenaires suivants: l’Académie prussienne des sciences à Berlin, l’Académie bavaroise des sciences à Munich, l’Académie autrichienne des sciences à Vienne, la Société des Sorabes à Bausen, l’Académie des sciences à Saint-Pétersbourg. Cela peut certainement être considéré comme les premières tentatives modestes d’échange dans l’histoire de la Bibliothèque et les partenaires mentionnés peuvent être, dans le même temps, classés parmi les partenaires d’échange les plus anciens, ce qui peut également être conclu d’après les publications et les autres documents reçus, datant de la seconde moitié du XIX siècle.

Au le nom du ministre serbe de la Culture, Stojan Novakovic sont rattachées des activités motrices très utiles, visant à améliorer la Bibliothèque de la Société. Pendant les années 60, le domaine d’acquisition des livres était considérablement promu, justement à l’époque lorsque la Bibliothèque était gérée par Stojan Novakovic, le premier bibliographe serbe. Il acquérait, avant tout, Serbica, nonobstant son lieu d’impression. Il s’engageait notamment en faveur de l’acquisition, par la Bibliothèque, des éditions des sociétés savantes et des institutions scientifiques, des manuels (avant tout des dictionnaires et des encyclopédies), des ouvrages du domaine de la linguistique et de l’histoire littéraire, et cela non pas seulement par voie d’échange, de plus en plus vivant chaque année, mais aussi pour l’achat des publications. Sur son initiative, même des écrivains connus, tels que Milovan Glisic et Laza Lazarevic, s’engageaient dans la promotion de la Bibliothèque.

L’Académie royale serbe a hérité la Bibliothèque de la Société savante serbe. Elle était arrangée et comptait environ 5000 livres, y compris des monographies en séries. En 1899, l’Académie a procédé à l’aménagement, la catalogage et la systématisation du fonds entier de livres, décidant, en 1888, à continuer l’échange avec 17 académies, une université et 10 sociétés scientifiques. En 1937, le nombre de partenaires avec lesquels l’Académie échangeait des publications a atteint 184 universités étrangères et 309 académies des sciences et sociétés savantes. Ces chiffres ont notamment augmenté lorsque l’Académie a commencé à publier ses Bulletins en langues étrangères, envoyés, à l’époque, à 700 adresses des académies, universités et leurs instituts divers. A cette époque, la Bibliothèque comptait 12.300 titres, c’est-à-dire 120.000 cahiers de publications diverses. L’Académie royale serbe étant devenue l’institution scientifique suprême dans le pays, sa bibliothèque représentait, de par sa collection, l’institution unique en Serbie, qui ne devait, en tant que telle, rester fermée au public.

Les locaux de la Société savante serbe se trouvaient dans l’Edifice de Kapetan Misa, où se trouvait aussi la Grande école. De 1909 à 1959, l’Académie royale serbe se trouvait dans la Fondation de Sima Igumanov, 15, rue Brankova et à partir de 1952, elle est située au numéro 35, rue Knez Mihailova, dans le bâtiment construit effectivement pour les besoins de l’Académie.