La Société serbe des gens de lettres (1841-1864)

 

La Société serbe des gens de lettres, société scientifique et littéraire, fut fondée à Belgrade le 31 mai 1842 par Jovan Sterija Popović et Atanasije Nikolić, à l’issue de travaux préparatoires commencés en septembre 1841. Dimitrije Isailović, Stefan Marković, Jovan Stejić, Dimitrije Tirol, Sima Milutinović et Isidor Stojanović furent les premiers membres qu’elle accueillit. Les objectifs de la Société étaient de développer les sciences en langue serbe et d’enrichir la langue populaire serbe. Dès sa création, elle s’attacha à résoudre le problème de l’orthographe qui n’était alors pas encore fixée et adopta un alphabet de 35 lettres. Ses activités furent interrompues en août 1842 en raison de troubles dans le pays pour ne reprendre qu’en août 1844. La Société se consacra alors à l’élaboration d’un dictionnaire terminologique et de manuels scolaires. L’élaboration du dictionnaire, qui impliquait la création de néologismes, fut rapidement abandonnée, principalement parce que Vuk Karadžić s’y opposait, mais également par manque de résultats probants. La Société porta ensuite ses efforts sur la compilation de donnés historiques, la recherche sur l’histoire serbe à partir d’archives et l’élaboration de manuels scolaires. Ses membres publiaient les résultats de leurs travaux dans le Courrier de la Société serbe des gens de lettres, dont la parution débuta en 1846. La Société publia par ailleurs quelques ouvrages populaires et contribua à faire lever l’interdiction qui frappait l’orthographe préconisée par Vuk Karadžić. Le 27 janvier 1864, le prince Mihailo suspendit la Société serbe des gens de lettres, en raison du différend qui opposa cette dernière au ministre de l’éducation, suite à l’élection de Garibaldi, Černiševski et Gercen parmi ses membres.