Conservatrice : Žaklina Marković Tél. : (+381 11) 202 71 85 Courriel : legat.oj@sanu.ac.rs Adresse : 35, rue Knez Mihailova, 3 étage, chambre 345

 
Biographie
 

Olga Jevrić est née le 29 septembre 1922 à Belgrade. Elle a fréquenté l’école élémentaire et les premières quatre ans de lycée au pensionnat « St. Joseph » à Belgrade et les classes supérieures au III Lycée féminin. Elle a eu son diplôme à l’Académie de musique, dans la classe de professeur Ciril Licar (1942-1946), et à l’Académie des Beaux-Arts dans la classe de professeur Sreten Stojanovic (1943-1948). Elle a terminé ses études post-universitaires chez le même professeur (1949). Elle a fait les études de l’histoire de l’art à la Faculté de Philosophie (1949-1953).

Elle a exposé pour la première fois en 1948 à Belgrade, à l’Exposition des travaux des étudiants de l’Académie des Beaux-Arts, et indépendamment en 1957 à Belgrade aussi. Elle a participé à de nombreuses expositions dans le pays et à l’étranger, de même qu’aux expositions représentatives de l’art yougoslave à l’étranger. Elle est élue membre de l’Association des artistes plasticiens de Serbie (ULUS) en 1950, correspondante de l’ASSA en 1974 et membre régulier en 1983.

Elle a fait des voyages d’études en Tchécoslovaquie, Hongrie, Italie, Suisse, Belgique, France, Pologne, Autriche, Grèce, Turquie, Russie, Angleterre et aux Pays Bas et en 1966, elle a passé une année aux Etats-Unis.

L’opus créatif d’Olga Jevrić est progressif et courageux. Déjà au début des années 50, à l’époque de la domination de la figuration, elle a rompu avec les histoires ou la symbolique dans la sculpture et s’est tournée vers les seuls éléments d’art, le matériau et l’expression abstraite. Elle a rompu sévèrement avec les acquis du réalisme socialiste, dominant à l’époque. Au début, elle faisait des sculptures figuratives, pour se pencher ensuite davantage sur le problème de la forme, de l’espace, du matériau et de la masse.

La phase de la pleine maturité artistique comprend deux entités, distinguées du point de vue de style et rattachées entre elles. La première consiste en des projets mémoriaux, la deuxième en des compositions libres dans lesquelles cette composante mémorielle est développée, dans un sens plus élevé, jusqu’une position, une perception et une optique du monde, une définition de l’état dans lesquelles la sculpture d’Olga Jevrić fut réalisée. Se séparant du schéma du premier projet, qui repose plus directement sur la stèle, elle a définitivement développé les problèmes de la forme abstraite. C’était un pas risqué, mais à grande envergure.

Elle est l’auteur de plusieurs bustes et monuments mémoriaux publics à la résistance à Erdevin. Elle a participé à de nombreux concours pour des monuments publics (Prokuplje, Cacak, Novi Sad, Milanovac, Pljevlja, Mauthausen, Svetozarevo, Jajinci, Auschwitz, Nis, Ada, Gnjilane, Zenica, Belgrade). Ses projets mémoriaux n’acceptaient pas la description, ni l’évocation directe de l’événement, ils offraient une solution dans laquelle la mise en place déterminée des masses et des relations spatiales dévoilait le pouvoir expressif. Sans finitions, ils ont exercé une influence importante sur le développement ultérieur de la sculpture et des compositions spatiales de cette espèce.

Olga Jevrić s’est lancée dans le processus d’étude du domaine de la sculpture réalisant, pendant son engagement artistique entier, des exploits exceptionnels et précieux pour l’art serbe du soi-disant haut modernisme. Elle a eu l’occasion de présenter ses solutions acquises jusqu’à ce moment en 1958, au pavillon yougoslave à la XXIX Biennale de Venise et d’attirer alors une grande attention de l’opinion artistique et critique internationale, comme l’un des protagonistes les plus originaux, de l’époque, de la jeune sculpture européenne, auteur au langage de sculpture distingué et à la physionomie artistique complète, comme l’un des auteurs qui exprime, d’une manière très éloquente, « l’esprit du temps » de l’art de la période d’après-guerre.